UNE FRANCE SOUMISE – COLLECTIF DIRIGÉ PAR GEORGES BENSOUSSAN

Plus d’une décennie après la parution de Les territoires perdus de la République, voici une nouvelle enquête qui, tout en ne prétendant pas faire oeuvre de sociologie, laisse la parole aux acteurs de terrain confrontés à la montée d’un Islam aussi radical que conquérant.

Sans nécessairement partager les analyses proposées, de facture largement républicaine et laïciste – la République laïque étant, de fait, un monde révolu -, la lecture des témoignages, des expériences et des récits de vie est tout à fait poignante. Médecins, infirmiers et infirmières, policiers, commissaires, travailleurs sociaux, enseignants, inspecteurs d’académie livrent en effet des pages déchirantes dans lesquelles les bonnes intentions initiales se heurtent douloureusement à la réalité d’une altérité irréductible et inconciliable, avant que de se transformer progressivement en désenchantement voire en démission. Evidemment, et à juste titre, tant les essayistes que les témoins pointent le rôle nauséabond que jouent les couards (que nous élisons et/ou qui nous dirigent) et les bien-pensants (les apôtres de ladite « diversité ») dans cette décomposition de la France.

 

Cliquez sur la couverture pour acheter l’ouvrage

Publicités

LES IDIOTS UTILES DU DIVERTISSEMENT : À PROPOS DES OUVRAGES DE NEIL POSTMAN ET D’INGRID RIOCREUX

Lectures du moment : sur les médias qui, loin de « transmettre de l’information » comme ils ne laissent pas de l’affirmer, se trouvent à l’origine d’un nouveau rapport au monde, le divertissement, et d’une nouvelle langue, non plus la langue des oiseaux mais celle précisément des médias, caractérisée par une platitude et une homogénéisation rarement égalées dans l’histoire. Le rapprochement avec LTI de Klemperer semble s’imposer comme une évidence.

 

Notre poste de télévision nous met en communication permanente avec le monde mais le fait en affichant un sourire inaltérable. Le problème n’est pas que la télévision nous offre des divertissements, mais que tous les sujets soient traités sous forme de divertissement, ce qui est une autre affaire. (Neil Postman, p. 134)

 

Mais la soumission du Journaliste n’est pas politique et c’est pourquoi elle ne saute pas aux yeux. Elle est idéologique. Comme telle, elle suit, certes, un corpus d’idées : sans-frontiérisme, antiracisme, européisme, un certain féminisme, une certaine doctrine climatologique, etc. Mais globalement, c’est plus qu’un enfilage d’idées prémâchées: c’est une tournure d’esprit. (Ingrid Riocreux, p. 39).

Cliquez sur la couverture pour acheter l’ouvrage !
Cliquez sur la couverture pour acheter l’ouvrage !

   

Et petit complètement d’information… :

 

LA RELIGION INDUSTRIELLE – PIERRE MUSSO

Quelle belle fresque que nous offre Pierre Musso dans La religion industrielle ! Une histoire passionnante de l’Occident, la civilisation de l’industrie, qui part de la Révolution grégorienne pour se terminer dans le cybermanagement. Au centre de la réflexion, une mise en évidence des mutations du mystère de l’Incarnation : « La force mythique de l’Incarnation tient ainsi à sa plasticité qui lui permet de circuler d’un Grand Corps à un autre (Christ, Nature, Humanité), transférant du même coup l’objet du sacré ». Et l’institution de référence de se faire tour à tour monastère, manufacture puis usine. A lire !

 

Vous pouvez cliquer sur la couverture pour acheter l’ouvrage de Pierre Musso

APRÈS NOUS LE DÉLUGE – PETER SLOTERDIJK

Peter Sloterdijk, philosophe allemand inclassable, revient avec un ouvrage qui fait office de réquisitoire contre une modernité suicidaire : qui a abandonné le mimétisme généalogique, celui par lequel le fils devient père et le disciple maître, au profit de l’imitation horizontale et sans profondeur, donc superficielle, qu’est la mode. Magistral, d’autant plus que l’auteur propose une interprétation tout à fait stimulante du christianisme qui n’influence plus la modernité selon un processus de sécularisation mais selon la mise en place d’un modèle chaste et fraternel.

 

Deux extraits pour stimuler l’appétit de lecture

p. 34 : « Après les événements de 1793, la déstabilisation de toutes les situations, matérielles comme symboliques, était devenue épidémique. un tumulte permanent, fait de révolutions et de déracinements, avait remplacé les cycles stables, entrecoupé par des phases de désanimation artificielle ».

p. 276 : « Toute l’oeuvre de Paul peut être lue comme s’il avait inlassablement tourné autour de cette phrase qu’il ne pouvait pas prononcer: « Là où était la génération doit advenir la succession imitative ». Nous n’engendrons plus, nous baptisons et nous successions. Nous ne nous reproduisons plus, nous enseignons et nous convertissons. Nous ne croyons plus en un avinerai résiderait dans nos propres enfants, nous nous préparons pour un tout autre monde qui s’ouvrira à nous avec la fin prochaine de on actuel. »

 

Cliquez sur la couverture pour acheter l’ouvrage

Jean VIOULAC : Science et Révolution

D’aucuns ont dû s’étonner que Jean Vioulac ait reçu le Grand Prix de Philosophie de l’Académie Française pour l’année 2016. Avec seulement quatre ouvrages à son compteur ! Des mauvaises langues pourraient en outre y voir l’influence de Jean-Luc Marion qui signa la préface d’Apocalypse de la Vérité, et accueille dans sa célèbre collection trois des quatre livraisons de son protégé.

Mais que l’Académie Française se décide à primer Jean Vioulac est en réalité bien réconfortant. Voici un auteur qui commerce brillamment avec Hegel, Marx, Husserl et Heidegger  pour en proposer des lectures techniques mais rafraîchissantes. Et surtout, qui ne perd pas de vue le sens de son entreprise philosophique: penser la sortie de l’histoire enclenchée par la Révolution Industrielle et l’entrée dans la posthistoire lancée par la Révolution Cybernétique.

Jean Vioulac avait déjà surpris son monde en articulant Marx et Heidegger dans L’époque de la Technique : il manquait peut-être au premier l’appréhension du Gestell alors que le second péchait en n’intégrant pas l’argent et le Capital à sa réflexion. Mais que dire alors de cette relecture de la philosophie de Husserl, et notamment la superbe analyse du passage de sa seconde période, marquée par l’enfermement de la subjectivité dans la citadelle transcendantale, à sa troisième période, caractérisée par la redécouverte non seulement de la Terre (Erde) comme sous-sol primordial, mais également de l’intersubjectivité et de la communauté fondée sur le travail: de quoi dresser des ponts inattendus mais assurément puissants vers Marx !

Bref, un auteur en passe de devenir incontournable !

 

Ouvrage disponible sur Amazon, cliquez sur la couverture !

Alfred CROSBY – La mesure de la réalité

Le livre d’Alfred Crosby, La mesure de la réalité, retrace la généalogie de la mentalité quantitative qui a envahi l’Europe, puis l’Occident et le Monde, et en situe très précisément l’émergence dans les 50 ans qui séparent 1275 de 1325. Une révolution aussi importante que celle que connut la fin du 19e et le début du 20e siècle (cubisme, psychanalyse, relativité, dodécaphonisme, mort de Dieu, etc.). Un itinéraire passionnant qui met en exergue l’importance prise par la visualisation, que ce soit avec l’horloge, les cartes marines, la comptabilité en partie double, la partition musicale, la perspective picturale…A lire !

Le livre est disponible sur Amazon. Cliquez sur la couverture !

CRITIQUE DE LA DESTRUCTION CRÉATRICE – PIERRE CAYE

 

Cliquez pour acheter l’ouvrage en ligne !

 

Il y a bien longtemps, chers amis je vous le confesse, qu’un livre de philosophie ne ma procura autant de plaisir, ne m’enthousiasma à ce point et ne me plongea dans d’aussi profonds abîmes de réflexion. Quel feu d’artifice ! Avec le toupet qu’il faut pour côtoyer les sommets de la pensée, Pierre Caye entreprend de révéler la vérité de la métaphysique par un concept économique: celui, schumpéterien, de « destruction créatrice » qui postule qu’à chaque disparition corresponde l’apparition d’une nouveauté dans un jeu à somme nulle qui ne laisse place à aucun résidu, à aucun reste, à aucune sorte de « dépôt amer » pour reprendre l’expression de Plotin que l’auteur convoque bien à propos. La thèse est ambitieuse, mais le diamant herméneutique admirablement taillé : il s’ensuit alors une admirable relecture de la mondialisation et une refondation de la production dans le patrimoine (fondement d’un « développement durable » bien compris) plutôt que dans la liquidité. La thèse est servie par une profonde érudition qui place en miroirs et fait dialoguer la philosophie et l’économie, le droit voire le management. A lire sans modération !

 

Extrait de la page 131 

 » La cinquième hypothèse du Parménide de Platon, celle qui suppose l’existence de la multiplicité pure, est impossible; elle implique toujours une présence latente et déniée de l’un, le retour de l’un sous les formes les plus sauvages, comme en témoigne la mondialisation, qui, sous le couvert du relativisme et du polycentrisme, de la dissémination et du chaos, des réseaux et de leur idéologie communicationnelle, de la gouvernance et de ses processus de désinstitutionnalisation de la société, de désagrégation des États, de liquidation des souverainetés, impose une uniformisation des comportements sans précédent au service de la propagation impériale du «  nouvel ordre mondial ». ».

 

 

 

Dany-Robert Dufour à l’Institut d’Etudes Avancées de Nantes

 

 

 

A propos de la pléonexie, cette envie d’avoir toujours plus, dont la tradition politique a toujours reconnu l’existence pour mieux la juguler. Jusqu’à une certaine fable des abeilles…

Les ouvrages de Dany-Robert Dufour sont disponibles sur Amazon, il suffit de cliquer sur les couvertures :

 

La fabrique des imposteurs – Roland Gori

 

Extrait de l’ouvrage:

La force de la nouvelle liturgie de l’évaluation, de cette néoévaluation qui fabrique de nouvelles formes de vie et constitue une nouvelle machine de gouvernementalité des individus et des populations, provient de son omniprésence dans la vie humaine, et ce, depuis l’évaluation des risques du foetus jusqu’à l’évaluation des marchés par des agences de notation financière, en passant par l’évaluation des enfants à risque des élèves de maternelle ou encore l’évaluation des pratiques professionnelles. Ces évaluations-là participent d’un « capitalisme informationnel » qui traite les hommes comme des choses pour extraire d’eux les meilleurs rendements possibles.

Cliquez sur la couverture, l’ouvrage est disponible sur Amazon.

 

Un autre ouvrage de Gori sur la questions de l’évaluation :

Cliquez sur la couverture, l’ouvrage est disponible sur Amazon !

Le maniement des hommes – Thibault le texier

Thibault Le Texier nous livre une très belle analyse de la rationalité managériale. Enfin, était-il donc temps!, un auteur perspicace ne tombe pas dans le piège de la confusion entre économie et management. Une remarquable étude historique et « bibliométrique » achève de nous convaincre que le mot « management » fut d’abord bien étranger à l’entreprise et que sa récupération se doit à un ensemble de connotations étrangères au profit : le soin, l’attention, l’efficacité, le bonheur. Une lecture à ne pas manquer !

 

Extraits :

1°« Jusqu’à la fin du XIXe siècle, quatre littératures usent de manière répétée de la notion de management. Il s’agit de manuels sur l’agriculture, sur le soin médical de la mère et du nourrisson, sur l’administration du foyer ou sur la direction d’une école ».

2°« Là où l’éducation perpétuait les traditions, la formation doit briser les manières coutumières, synonymes d’atavismes stériles et de méthodes personnelles archaïques, pour mouler l’employé aux dimensions d’un poste préconçu ».

3°« Le management est un art du symbole usant de la parole et de l’écrit bien davantage que de la coercition ».

Cliquez ! L’ouvrage est disponible sur Amazon.