Alfred CROSBY – La mesure de la réalité

Le livre d’Alfred Crosby, La mesure de la réalité, retrace la généalogie de la mentalité quantitative qui a envahi l’Europe, puis l’Occident et le Monde, et en situe très précisément l’émergence dans les 50 ans qui séparent 1275 de 1325. Une révolution aussi importante que celle que connut la fin du 19e et le début du 20e siècle (cubisme, psychanalyse, relativité, dodécaphonisme, mort de Dieu, etc.). Un itinéraire passionnant qui met en exergue l’importance prise par la visualisation, que ce soit avec l’horloge, les cartes marines, la comptabilité en partie double, la partition musicale, la perspective picturale…A lire !

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QUAND LE MONDE S’EST FAIT NOMBRE – OLIVIER REY

Après Une question de taille, voici Olivier Rey de retour avec Quand le monde s’est fait nombre. On reste, me direz-vous, dans le registre de la grandeur, et c’est bien vrai. L’auteur tire magnifiquement parti de son passé de mathématicien pour nous présenter une genèse précise et détaillée des statistiques et de leur emprise progressive sur la vie des sociétés occidentales. S’il fallait résumer la thèse de l’ouvrage, alors nous la formulerions ainsi : dans une société moderne éclatée qui a brisé les cadres communautaires légués par la tradition, l’idoine moyen de retrouver une unité n’est autre que celle, certes fictive mais bien efficace, qu’offrent les indicateurs de la statistique.

On notera également ce point intéressant car trop méconnu: c’est d’abord dans le champ des sciences humaines que les statistiques ont connu leur essor (principalement avec le fameux « homme moyen » de Quételet) avant de gagner les sciences de la nature avec les travaux sur l’hérédité et la thermodynamique. Au fond, la façon dont nous traitons le monde par les chiffres reflète avant toutes choses le regard que nous portons sur notre propre identité. Quelle leçon saurons-nous en tirer?

 

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CRITIQUE DE LA CONDITION MANAGÉRIALE – GHISLAIN DESLANDES

Dernière livraison de Ghislain Deslandes, philosophe et professeur à ESCP-Europe : Critique de la condition managériale, lecture plus que recommandable par les temps utilitaristes qui courent. Malgré les raccourcis étymologiques et historiques qui rapprochent trop rapidement management et ménagement, le fil directeur de l’ouvrage demeure plus que pertinent car la convocation de la phénoménologie matérielle de Michel Henry permet d’égratigner sérieusement le dogme techno-managérial et de ménager une place pour l’affectivité dans l’activité du travail. A lire !

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CRITIQUE DE LA DESTRUCTION CRÉATRICE – PIERRE CAYE

 

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Il y a bien longtemps, chers amis je vous le confesse, qu’un livre de philosophie ne ma procura autant de plaisir, ne m’enthousiasma à ce point et ne me plongea dans d’aussi profonds abîmes de réflexion. Quel feu d’artifice ! Avec le toupet qu’il faut pour côtoyer les sommets de la pensée, Pierre Caye entreprend de révéler la vérité de la métaphysique par un concept économique: celui, schumpéterien, de « destruction créatrice » qui postule qu’à chaque disparition corresponde l’apparition d’une nouveauté dans un jeu à somme nulle qui ne laisse place à aucun résidu, à aucun reste, à aucune sorte de « dépôt amer » pour reprendre l’expression de Plotin que l’auteur convoque bien à propos. La thèse est ambitieuse, mais le diamant herméneutique admirablement taillé : il s’ensuit alors une admirable relecture de la mondialisation et une refondation de la production dans le patrimoine (fondement d’un « développement durable » bien compris) plutôt que dans la liquidité. La thèse est servie par une profonde érudition qui place en miroirs et fait dialoguer la philosophie et l’économie, le droit voire le management. A lire sans modération !

 

Extrait de la page 131 

 » La cinquième hypothèse du Parménide de Platon, celle qui suppose l’existence de la multiplicité pure, est impossible; elle implique toujours une présence latente et déniée de l’un, le retour de l’un sous les formes les plus sauvages, comme en témoigne la mondialisation, qui, sous le couvert du relativisme et du polycentrisme, de la dissémination et du chaos, des réseaux et de leur idéologie communicationnelle, de la gouvernance et de ses processus de désinstitutionnalisation de la société, de désagrégation des États, de liquidation des souverainetés, impose une uniformisation des comportements sans précédent au service de la propagation impériale du «  nouvel ordre mondial ». ».

 

 

 

La rame à l’épaule : la préface de Jean-Jacques Wunenburger


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Ci-dessous la préface de mon ouvrage, La rame à l’épaule, consacré à la pensée cosmique du philosophe Jean-François Mattéi. Bonne lecture !

 

Un compagnon de route d’Ulysse

Le décès fulgurant et inattendu de Jean-François Mattéi a laissé sans voix tant de ses proches, de ses amis et lecteurs-auditeurs du lointain. Sa présence distinguée et élégante, sa voix singulière et ferme, ses paroles instruites mais toujours claires, manquent à beaucoup d’entre nous. Il n’est pas étonnant que les désirs de témoigner de l’homme et de son œuvre aient surgi dès les premiers jours de deuil, tant sa marque était forte, parce qu’il osait penser, écrire et dire ce que bien d’entre nous partageaient sans avoir toujours sa puissance et son ascendant pour le faire. Après le premier livre collectif de témoignages admiratifs et touchants, paru il y a quelques mois, Baptiste Rappin nous propose à présent un essai scintillant et inspiré sur Jean-François Mattéi, son maître qui fit partie de son jury de thèse.

On peut et doit lire l’œuvre de Jean-François Mattéi comme une contribution majeure et originale à l’histoire de la philosophie grecque, dont il était une des références internationales depuis sa thèse sur Platon, comme un commentateur judicieux, pointilleux et distancié de philosophes modernes comme Nietzsche et Heidegger, comme un philosophe engagé, et même indigné, dans les débats de philosophie morale et politique contemporains, en particulier tournés vers la question de l’avenir de l’Europe. Beaucoup ont aimé aussi ses coups de cœur pour la musique, la comédie musicale et le cinéma américains, qui l’ont conduit vers des approches esthétiques qui sortent du conventionnel. On ne peut oublier qu’il est plus que tout un lecteur de grands écrivains, de Shakespeare à Borges, surtout lorsqu’ils sont ses compatriotes comme Camus.

 

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Demain la post-humanité? : « La vie des idées », avec la sociologue canadienne Céline Lafontaine

Excellente émission avec la sociologue Céline Lafontaine qui met en évidence, une fois de plus, les origines CYBERNÉTIQUES du grand rêve posthumain. C’est comme d’habitude, en vous rendant à l’adresse de la nouvelle bibliothèque d’Alexandrie qu’est le site de Benoit Comte, que pourrez écouter l’émission animée par Mathieu Bock-Côté : http://www.ekouter.net/demain-la-post-humanite-avec-celine-lafontaine-sur-radio-ville-marie-2605

 

Et pour aller plus loin, les ouvrages passionnants de Céline Lafontaine (il n’y a qu’à cliquer sur la couverture):