CRITIQUE DE LA DESTRUCTION CRÉATRICE – PIERRE CAYE

 

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Il y a bien longtemps, chers amis je vous le confesse, qu’un livre de philosophie ne ma procura autant de plaisir, ne m’enthousiasma à ce point et ne me plongea dans d’aussi profonds abîmes de réflexion. Quel feu d’artifice ! Avec le toupet qu’il faut pour côtoyer les sommets de la pensée, Pierre Caye entreprend de révéler la vérité de la métaphysique par un concept économique: celui, schumpéterien, de « destruction créatrice » qui postule qu’à chaque disparition corresponde l’apparition d’une nouveauté dans un jeu à somme nulle qui ne laisse place à aucun résidu, à aucun reste, à aucune sorte de « dépôt amer » pour reprendre l’expression de Plotin que l’auteur convoque bien à propos. La thèse est ambitieuse, mais le diamant herméneutique admirablement taillé : il s’ensuit alors une admirable relecture de la mondialisation et une refondation de la production dans le patrimoine (fondement d’un « développement durable » bien compris) plutôt que dans la liquidité. La thèse est servie par une profonde érudition qui place en miroirs et fait dialoguer la philosophie et l’économie, le droit voire le management. A lire sans modération !

 

Extrait de la page 131 

 » La cinquième hypothèse du Parménide de Platon, celle qui suppose l’existence de la multiplicité pure, est impossible; elle implique toujours une présence latente et déniée de l’un, le retour de l’un sous les formes les plus sauvages, comme en témoigne la mondialisation, qui, sous le couvert du relativisme et du polycentrisme, de la dissémination et du chaos, des réseaux et de leur idéologie communicationnelle, de la gouvernance et de ses processus de désinstitutionnalisation de la société, de désagrégation des États, de liquidation des souverainetés, impose une uniformisation des comportements sans précédent au service de la propagation impériale du «  nouvel ordre mondial ». ».

 

 

 

La rame à l’épaule : la préface de Jean-Jacques Wunenburger


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Ci-dessous la préface de mon ouvrage, La rame à l’épaule, consacré à la pensée cosmique du philosophe Jean-François Mattéi. Bonne lecture !

 

Un compagnon de route d’Ulysse

Le décès fulgurant et inattendu de Jean-François Mattéi a laissé sans voix tant de ses proches, de ses amis et lecteurs-auditeurs du lointain. Sa présence distinguée et élégante, sa voix singulière et ferme, ses paroles instruites mais toujours claires, manquent à beaucoup d’entre nous. Il n’est pas étonnant que les désirs de témoigner de l’homme et de son œuvre aient surgi dès les premiers jours de deuil, tant sa marque était forte, parce qu’il osait penser, écrire et dire ce que bien d’entre nous partageaient sans avoir toujours sa puissance et son ascendant pour le faire. Après le premier livre collectif de témoignages admiratifs et touchants, paru il y a quelques mois, Baptiste Rappin nous propose à présent un essai scintillant et inspiré sur Jean-François Mattéi, son maître qui fit partie de son jury de thèse.

On peut et doit lire l’œuvre de Jean-François Mattéi comme une contribution majeure et originale à l’histoire de la philosophie grecque, dont il était une des références internationales depuis sa thèse sur Platon, comme un commentateur judicieux, pointilleux et distancié de philosophes modernes comme Nietzsche et Heidegger, comme un philosophe engagé, et même indigné, dans les débats de philosophie morale et politique contemporains, en particulier tournés vers la question de l’avenir de l’Europe. Beaucoup ont aimé aussi ses coups de cœur pour la musique, la comédie musicale et le cinéma américains, qui l’ont conduit vers des approches esthétiques qui sortent du conventionnel. On ne peut oublier qu’il est plus que tout un lecteur de grands écrivains, de Shakespeare à Borges, surtout lorsqu’ils sont ses compatriotes comme Camus.

 

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Demain la post-humanité? : « La vie des idées », avec la sociologue canadienne Céline Lafontaine

Excellente émission avec la sociologue Céline Lafontaine qui met en évidence, une fois de plus, les origines CYBERNÉTIQUES du grand rêve posthumain. C’est comme d’habitude, en vous rendant à l’adresse de la nouvelle bibliothèque d’Alexandrie qu’est le site de Benoit Comte, que pourrez écouter l’émission animée par Mathieu Bock-Côté : http://www.ekouter.net/demain-la-post-humanite-avec-celine-lafontaine-sur-radio-ville-marie-2605

 

Et pour aller plus loin, les ouvrages passionnants de Céline Lafontaine (il n’y a qu’à cliquer sur la couverture):

      

 

La rame à l’épaule : Baptiste Rappin à Radio Courtoisie

Je fus l’invité de Didier Rochard, le dimanche 22 mai 2016, pour présenter mon dernier ouvrage lors de son émission. L’entretien est disponible sur l’excellent site de Benoit Comte, Ekouter.net : http://www.ekouter.net/la-pensee-de-jean-francois-mattei-avec-baptiste-rappin-sur-radio-courtoisie-2594

 

 

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« Heidegger et la question du Management » : recension dans la revue Connexions

Parue dans la revue Connexions, numéro 105 (pages 201-202), cette note de lecture sans concession d’Emmanuel Diet: 

 

Emmanuel Diet À propos de…

Baptiste Rappin

Heidegger et la question du management, Nice, Les éditions Ovadia, 2015

 

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Engagé dans une pensée philosophique du management, Baptiste Rappin, maître de conférences à l’iae de Metz (université de Lorraine), propose sous le titre Heidegger et le management un questionnement ontologique du devenir de la modernité sous le règne de la cybernétique. Appuyé d’abord sur les formulations d’Heidegger sur l’arraisonnement du monde par la technique et l’analyse du Gestell, l’auteur procède à une remise en cause radicale de la modernité et de son asservissement à l’ étant dans l’oubli de l’être. Il cite et reprend à son compte nombre de citations du penseur de la Forêt Noire qui s’avèrent, de manière surprenante, une identification et une critique précoces et pertinentes de la planétarisation et du règne de la cybernétique. Si B. Rappin choisit de passer sous silence que la juste remise en cause du consumérisme, de la technique, de la technologie et de l’américanisation du monde trouve son origine dans un contexte et une perspective pour le moins problématiques – l’adhésion jamais reniée du philosophe allemand à l’idéologie nazie –, il relit et commente l’ ensemble de l’ œuvre du philosophe avec une grande intelligence. Ce qui, pourtant, à mon avis du moins, ne lève aucunement les ambiguïtés et les compromissions de la pensée heideggérienne telles qu’Emmanuel Faye notamment a su les dévoiler. Il n’est par ailleurs que trop clair que le verbiage heideggérien, son usage à proprement parler délirant de l’étymologie et du charcutage des signifiants a surtout servi de machine de guerre idéologique contre l’emprise de la pensée marxiste. Quiconque a fait un peu sérieusement du grec ancien et de l’allemand et surtout a le souci de la réalité vécue par les humains se trouve en fait très embarrassé par le jargon méta- physique d’une ontologie qui retranscrit dans d’ineffables et très mystiques dé- voilements (!) l’errance douloureuse du Dasein pris dans le souci de son être pour-la-mort… L’abstraction métaphysique est ici, selon moi, tout autant que la bêtise positiviste, meurtre de la pensée.

Heureusement, B. Rappin ne se laisse pas enfermer dans ces grotesques et vides jaculations ; bien au contraire, au fil de son ouvrage, sa très vaste culture parcourt l’histoire de la philosophie, de la science, de la technique et du management. Avec parfois de très hardis mais suggestifs rapprochements. Des sophistes, Platon et Plotin, à G. Deleuze et J. Derrida ou E. Morin, de Taylor à Wiener et aux théoriciens du manage- ment, le texte parcourt l’histoire de la culture occidentale et décrit l’avènement de la planétarisation comme devenir du nihilisme et fin de la métaphysique. De brillantes et savoureuses formulations, d’audacieux rapprochements, de pertinentes allusions viennent donner corps et vie à ce qui, d’un tel discours savant, risquait de s’enfermer dans un académisme scolastique, et il faut même reconnaître que lorsqu’il ne succombe pas à la tentation d’« heideggériser » son propre discours, B. Rappin fait preuve d’un vrai talent de plume et d’une très stimulante pensée qui sait souvent, au détour d’une phrase, remettre en ques- tion nos certitudes doxiques. Mais là encore, la question qui se pose est celle du vertex qui organise le parcours du texte, et notamment de ce qui pourrait bien être dans la référence à l’Être dont la définition comme l’évocation demeurent bien ambiguës, un refus de l’histoire réelle, des souffrances et des combats des humains en leur finitude : quel sens peut bien avoir une lecture métaphysique du management ? Quelle sociodicée ou quelle théodicée s’agit-il de promouvoir par cette riche et complexe réflexion ? Qu’en est-il aujourd’hui, dans la réalité des pratiques, des relations entre la sophistique et la philosophie ? Est-il légitime, au mépris de l’histoire et des systèmes de pouvoir et de savoir, de lire aussi simplement la complexité du réel contemporain avec les mots, les concepts et les représentations de l’ A ntiquité grecque ? L’étymologie est-elle la clé de la pensée ? « Nous croirons en Dieu tant que nous croirons à la grammaire », écrivait F. Nietzsche, et la philologie qu’il appelait de ses vœux était d’abord interprétation critique et généalogique. De ce point de vue, le contresens initial et radical de l’interprétation heideggérienne de la pensée et de l’œuvre nietzschéennes est pour moi une origine essentielle de l’errance philosophique et idéologique du penseur souabe.

La critique philosophique mise en œuvre par B. Rappin en référence à l’œuvre de M. Heidegger, a cependant le grand mérite, outre la masse d’informations sur laquelle elle s’étaye, par exemple lorsqu’elle remet en question les problématiques et conceptualisations de G. Deleuze, J. Derrida, ou E. Morin et interroge les « déconstructions » comme le constructivisme, d’obliger le lecteur à s’interroger sur les évidences controuvées de l’idéologie dominante, ou des révérences académiques obligées et à prendre du recul par rapport aux platitudes du monde du On… On peut cependant, dans le contexte de l’ hypermodernité libérale, demeurer perplexe, malgré ou à cause de la richesse et l’originalité du propos, quant au sens de ce déploiement d’intelligence et de culture, et se demander quelles conséquences éthiques et pratiques la philosophie heideggérienne se trouve légitimer pour la pensée et la pratique du management… En tout cas, dans la lecture de cet ouvrage foisonnant et dérangeant, chacun pourra trouver matière à réflexion et rêverie, ce qui, en nos temps de barbarie, ne saurait être tenu pour négligeable.

La rame à l’épaule – Conférence au Cercle Aristote

Ci-dessous la vidéo de présentation de mon dernier ouvrage, « La rame à l’épaule. Essai sur la pensée cosmique de Jean-François Mattéi », conférence présentée dans le cadre du Cercle Aristote :

 

 

L’ouvrage a été préfacé par Jean-Jacques Wunenburger, postfacé par Pierre Magnard, et illustré par mon ami Vadim Korniloff. Vous pouvez l’acheter en cliquant sur sa couverture :